Dommages matériels
Quand l'agent a un corps.
Sur notre échelle d'autonomie, le niveau 5 désigne un système qui agit physiquement. Deux cas de la base l'atteignent. Ce sont aussi les deux plus graves.
Le premier : une collision entre trois robots d'entrepôt au Royaume-Uni, en 2021, ayant déclenché un incendie. Dommages matériels et interruption d'activité. Aucun blessé signalé, aucun contentieux public recensé.
Le second : un système d'aide à la conduite, en France et en Europe, dont le comportement de vitesse a donné lieu à une procédure réglementaire. Ici l'humain reste dans la boucle — le conducteur supervise — mais la machine agit.
Ces deux dossiers sont minoritaires dans la base : deux cas sur dix-sept. Ils sont pourtant les seuls où le dommage est matériel, immédiat et visible. Tous les autres produisent du préjudice immatériel : une réputation, un droit, une donnée, un contenu.
Cette asymétrie explique le retard de l'assurance. Le marché sait couvrir un incendie d'entrepôt : il le fait depuis deux siècles. Il ne sait pas encore couvrir un article de presse fabriqué de toutes pièces par une machine, ni une notification de licenciement envoyée à tort.
Le risque des agents n'est donc pas un risque industriel de plus. C'est un risque immatériel de masse, dont l'assurance reste à construire — et qui commence par une mesure.
Source : European Agentic AI Loss Database, compilation Garenzia à partir du screening public OECD AIM et de l'AI Incident Database.